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Chroniques

Bettye LaVette, bouleversante

Ce soir, pour le premier concert de la traditionnelle soirée blues, cinquante ans de carrière soul nous contemplent. Bettye LaVette, “The Great Lady of soul”, a en effet commencé à chanter dans les années soixante, aux côtés d’Otis Redding et de Ben E King. De mauvais choix de carrière associés à la malchance ne lui ont pas permis pendant longtemps d’obtenir la reconnaissance qu’elle méritait, et c’est seulement depuis quelques années que le vent a tourné pour elle.

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Bettye LaVette

En l’écoutant sur scène ce soir, on a pourtant du mal à imaginer qu’il ait fallu tant de temps pour rencontrer le succès : une voix éraillée et rauque qui n’est pas sans évoquer Tina Turner, une sensibilité à fleur de peau, un groove imparable, une énergie et une vitalité étonnantes… Bettye LaVette sait également s’entourer de bons musiciens, entièrement au service des compositions et de la chanteuse. Immense interprète, elle se réapproprie totalement les titres qu’elle reprend au point qu’on ne reconnaît pas toujours l’original. L’émotion est palpable lorsqu’elle entame Isn’t it A Pity de George Harrison dans une version déchirante, dépouillée et intense.

Brett Lucas © Stéphane Barthod
Brett Lucas

Au cours de la soirée, on aura l’occasion d’entendre des morceaux qui couvrent sa carrière, de Souvenirs datant de 1972 à Unbelievable ou When I Was a Young Girl tirés de son dernier album. C’est a cappella, avec I do not want what I haven’t got de Sinead O’Connor, qu’elle termine le concert devant un public subjugué.

Texte et photos : Stéphane Barthod (le 04/05/2016)

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