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Chroniques

Michel Portal : une musique vivante et explosive

Michel Portal, c’est une lueur particulière dans le regard, lueur de malice, d’attention, de curiosité tous azimut, de complicité, de tendresse… Cette lueur, on la retrouve dans sa musique, et c’est un pur bonheur de le retrouver à nouveau au festival, fidèle parmi les fidèles : depuis les années 80, il nous rend en effet régulièrement visite, avec Daniel Humair, puis aux côtés de Mathias Ruegg et de l’Ensemble de Basse-Normandie, en duo avec Richard Galliano, en quartet avec Joey Baron, avec son projet Baïlador ou encore en trio avec Jeff Ballard et Kevin Hays. Chaque fois, le plaisir est là, comme une évidence…

Autour de lui, on retrouve son complice de longue date Bojan Z, qui l’accompagne régulièrement depuis maintenant plus de vingt ans, et un autre fidèle, Bruno Chevillon à la contrebasse. Mais le clarinettiste est aussi un éternel défricheur, et la formation intègre le tromboniste allemand Nils Wogram et le jeune batteur belge Lander Gyselinck. La danse est une composante fondamentale de la musique de Portal, et c’est le bien nommé African Wind, chaloupé et joyeux, qui inaugure la soirée, avec en invité spécial le guitariste béninois Lionel Loueke – qu’on a déjà écouté avec Portal en 2011 et qui jouera en solo au festival jeudi après-midi –. Full Half Moon démarre ensuite tout en douceur, la mélodie jouée avec délicatesse à la clarinette, et au gré des improvisations de Bojan Z puis de Portal, le morceau évolue progressivement, le rythme s’installe plus fermement, la pression monte pour littéralement exploser avec le solo de trombone. Faisant le lien avec le titre suivant, Bruno Chevillon nous offre ensuite un magnifique solo de contrebasse, un morceau dans le morceau, inventif et superbement construit.

Enchaînement, donc avec Mino-Miro, composé en hommage à Mino Cinelu et Miroslav Vitouš, qui offre l’occasion d’un très joli dialogue, plein d’esprit, ludique et joyeux, entre la clarinette et la guitare. Suit Armenia, teinté d’une intense nostalgie, un titre posé et ample, sur lequel Bojan Z nous offre une improvisation sensible et très lyrique. Michel Portal, toujours à l’écoute, accompagne la musique de quelques mouvements de la main, vivant intensément chaque note jouée. Frank Zappa n’aurait pas renié la composition suivante, Jazzoulie, aux multiples rebondissements, toute en cassures et en surprises, jouant sur des variations permanentes de climats. Desertown est plus sombre : derrière une musique calme en apparence, onirique et mélodieuse, perce un sentiment d’inquiétude, plane une menace qui se traduit par une fin étrange et bruitiste, angoissante… Retour ensuite à un tempo plus rapide avec une composition du tromboniste, Split The Difference, avant de clore le concert avec Mister Pharmacy, à l’écriture foisonnante, une composition très lumineuse et revigorante.

On n’a qu’une seule hâte : notre prochain rendez-vous avec Michel Portal !

Texte et photos : Stéphane Barthod

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